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Par Jean-Marc Thobois, magazine KEREN Israël 112l


Le livre de l’Apocalypse est souvent considéré comme le livre des catastrophes… Or, « Apocalupsis » en grec signifie « dévoilement, révélation ». Ce livre a pour but de dévoiler ce qui se passera au « jour de l’Éternel » que les prophètes ont annoncé. Ce livre doit être lu en parallèle
Ce livre doit être lu en parallèle avec celui de Daniel qui n’est pas à proprement parlé un livre prophétique, mais également une apocalypse. On note qu’à la fin du livre, au chapitre 12, Daniel fait part, à l’ange qui lui parle, de son incompréhension de ce qu’il a reçu. L’ange lui répond qu’il n’a pas à chercher à comprendre parce que cela ne le concerne pas, mais ce n’est qu’au temps de la fin que les hommes sages comprendront. En attendant cette fin, Daniel reçoit l’ordre de sceller le livre pour qu’il ne puisse pas être compris avant le temps.
Par contre, dans l’Apocalypse de Jean, au chapitre 5, un livre est présenté, scellé de 7 sceaux. On peut penser qu’il s’agit bel et bien du livre de Daniel qui va être descellé par l’Agneau et donc devenir compréhensible. Ainsi, l’Apocalypse est une explication des prophéties de Daniel. Il est d’ailleurs intéressant de constater qu’à la fin du livre, au chapitre 22, le même ange qui a parlé à Daniel, prononce des paroles diamétralement opposées à celles qu’il a dites au prophète : « Ne scelle pas le livre, car le temps est proche ! »


Le thème du deuxième exode
La foi d’Israël repose sur deux certitudes :
1-Dieu a autrefois libéré son peuple de l’esclavage de l’Égypte. Cet évènement fondateur est sans cesse remémoré, chaque jour dans la prière et à l’occasion de chacune des fêtes, selon qu’il est écrit : « Tu te souviendras de la sortie de l’Égypte tous les jours de ta vie ».
2-Si Dieu a agi de cette manière dans le passé, il le fera encore dans l’avenir et libèrera à nouveau son peuple de l’esclavage des nations. Il y aura un second exode, une nouvelle Pâque, un nouveau Moïse, le Messie, une nouvelle alliance. Ce thème du deuxième exode se trouve chez Le mot du Pasteur page 2 pratiquement tous les prophètes, dans les Évangiles, et surtout dans l’Apocalypse.


Ce livre est construit autour du thème du second exode. On y retrouve donc : la fête de Paque comme dans l’Évangile de Jean qui est l’auteur des deux livres. Dès le début du livre, se produit la révélation du nom de Dieu, comme à Moïse dans le buisson ardent : « Celui qui est, qui était et qui vient ! ». Il est ensuite question du peuple des sacrificateurs. « Il a fait de nous des sacrificateurs ». On sait que c’était là la vocation du peuple d’Israël, lors de l’alliance du Sinaï : « Vous serez pour moi une nation sainte et un peuple de sacrificateurs ». Au chapitre 4, on trouve l’agneau, qui renvoie à l’agneau de Paque et à la parole de Jean-Baptiste à Jésus au début de l’Évangile de Jean : « Voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ». Dans les lettres aux sept églises, le vainqueur se voit promettre de la manne cachée, comme celle qu’ont mangée les israélites dans le désert ; son nom ne sera pas effacé du Livre de vie duquel Moïse avait demandé d’être ôté. Et puis, il est question de la mer de verre, qui rappelle la Mer Rouge devant laquelle les vainqueurs chantent le cantique de Moïse et de l’Agneau, c’est-àdire le cantique de la mer du chapitre 15 de l’Exode, chanté après le miracle de la délivrance.

On trouve aussi trois septénaires de fléaux : les sceaux, les shofars et les coupes. Ces fléaux au nombre de sept, reprennent les plaies d’Égypte : l’eau changée en sang, les sauterelles, les grenouilles, les ténèbres etc. … Ces plaies s’abattent sur le royaume de la bête, qui est le nouveau pharaon, le chef du quatrième empire de Daniel qui, selon les sages d’Israël, est une résurgence de Babylone que l’on retrouve d’ailleurs à la fin du livre sous la forme de la grande prostituée. Le peuple de Dieu est invité à fuir cette ville : « Sortez du milieu d’elle, mon peuple… ». Et ceci, tel un deuxième exode vers une nouvelle terre promise et la nouvelle Jérusalem. Ce sont là quelques aspects de ce nouvel exode qui jalonne tout le livre de l’Apocalypse.


Kippour et l’Apocalypse
Mais pour Jean, une autre fête est complémentaire de Pâque (on le voit déjà dans son Évangile), c’est celle de Kippour : la fête des expiations. Kippour vient d’une racine qui veut dire « recouvrir », parce qu’en ce jour, le grand prêtre recouvrait le couvercle de l’arche, le Kaporet (même racine) avec le sang du bouc expiatoire.
Le jour du Kippour était non seulement le jour des expiations mais aussi l’anticipation du jugement. Selon les sages, en ce jour, chacun doit se présenter devant Dieu comme s’il se présentait au jugement dernier, donc, après être passé par une profonde repentance. C’est un jour où Dieu ouvre les livres dans le ciel et notamment le Livre de vie et y inscrit le nom des élus, d’où le souhait que l’on échange à cette période de l’année « une bonne signature… », sousentendu, dans le Livre de vie !
Mais c’est aussi un jour où les destins se scellent comme cela sera le cas au jour du jugement. Si l’on ne s’est pas repenti avant la fin du jour, en principe après, il est trop tard, la porte du pardon est fermée… Les dix jours qui ont précédé ont été marqués par les sonneries des shofars depuis la fête du Rosh Hashana, la « Fête des schofars ». A la fin du Kippour, au moment du lever des trois premières étoiles, on sonne pour la dernière fois le shofar, ce qui marque la « néhila », la fermeture ; c’est-à-dire la fermeture de la porte du pardon. Si l’on ne s’est pas repenti quand retentit le shofar, il est trop tard, les destins sont scellés…
Dans le livre de l’Apocalypse, Jean est enlevé dans le Temple céleste et il voit le grand prêtre du Temple céleste qui n’est autre que Jésus, occupé à allumer les chandeliers.
Or, en temps normal, ce n’est pas le grand prêtre qui s’acquitte de cette tâche, mais ce sont des prêtres subalternes ; ce qui veut dire que le « Jour du Seigneur »où Jean est enlevé (jour qui est une période de temps et non un jour de 24 heures), n’est autre qu’un jour de Kippour, c’est-à-dire le temps des jugements de Dieu et des ultimes destinées des hommes.
On assiste en effet à la manifestation de ces jugements de Dieu dans la suite du livre, notamment au travers des trois septennaires : ce sont les fléaux que nous avons évoqués plus haut. Ces septennaires s’emboitent les uns dans les autres comme des poupées russes.


Quand on arrive au septième sceau, on a l’impression que tout est terminé, mais il n’en est rien ; commence alors le septennaire des shofars. Au septième shofar, on peut aussi penser que tout est fini, mais commence alors la série des coupes qui, cette fois-ci, est vraiment la fin. Le but de cette structure est de montrer la patience de Dieu. Les fléaux vont d’ailleurs en s’amplifiant. Leur but est d’appeler les hommes à la repentance, et ceci en vain… Si bien qu’on arrive à la plénitude des jugements de Dieu. C’est une manière aussi d’indiquer aux lecteurs de l’époque que la fin ne viendra pas si vite.
Parmi les septennaires, on en trouve deux qui sont directement liés au Kippour. Les sept shofars, avec le dernier shofar qui marque la « néhila », marquent la fermeture du temps de grâce et il nous est dit qu’il n’y a plus de délai et que la porte du pardon est fermée pour les pêcheurs impénitents. Il ne reste plus que la manifestation des sept derniers fléaux : les coupes. Ces dernières sont aussi en relation avec Kippour. Le traité Yoma du Talmud, qui décrit le rituel du Kippour, nous dit que durant ce jour, on faisait sept libations de vin sur les bases de l’autel. Ici, il ne s’agit pas de libations de vin sur l’autel, mais les coupes contiennent la colère de Dieu et sont jetées sur la Terre où elles produisent des catastrophes. Mais nous restons dans ce contexte du rituel du Kippour.
Enfin, le livre s’achève sur la description du jugement dernier où tous les morts passent devant le Juge suprême comme le veut la tradition du Kippour. Des livres sont ouverts et se sont ceux qui sont inscrits dans le Livre de vie ont part à la vie éternelle… Là aussi, nous sommes dans le cadre du rituel du Kippour. Ainsi le livre de l’Apocalypse apparaît comme le livre de délivrance des élus et du jugement des impies, symbolisés par ces deux fêtes, Paque pour la délivrance et Kippour pour le jugement.
Le livre de l’Apocalypse est l’un des livres les plus juifs du Nouveau Testament ; il reprend les grands thèmes de la tradition juive. Selon le Professeur Flusser, il aurait d’abord été écrit en hébreu et ensuite traduit en grec. Puisse ce livre nous éveiller, par ces réalités, et nous aider à faire le bon choix, avant que ne vienne le Grand Jour de l’Éternel !